Marcelo Naves Di Prinzio hésite entre le flegme et l'abattement : " L'Argentine est un pays cyclique. Après dix ans de calme, c'est la rechute. Chaque fois, pourtant, on se relève. " Les boiseries Art déco du café Tortoni, dans le centre de Buenos Aires, offrent un cadre suranné à sa mélancolie. A 42 ans, d'ascendance italienne et catalane, Marcelo est l'un des nombreux Argentins hantés par le sentiment de marasme permanent qui règne dans son pays. Designer textile, il a travaillé pour un sous-traitant de Zara, la chaîne espagnole de magasins de vêtements. Les mesures protégeant l'industrie nationale, levées par le gouvernement de Mauricio Macri, ont mis sur la paille la PME qui l'employait.
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