Le tireur a fini par être identifié par les enquêteurs mais ces derniers n'ont pas révélé son nom à ce stade, selon la chaîne NBC. Il s'agit d'un "homme blanc né en 1990", selon les sources policières citées par la télévision.

L'homme avait fait irruption peu avant 23h30 (heure locale) dans le Borderline Bar and Grill, qui accueillait au moment du drame une soirée étudiante à laquelle "plusieurs centaines" de jeunes devaient prendre part, a déclaré le capitaine Garo Kuredjian, des services du shérif du comté de Ventura.

Le shérif de ce comté de la périphérie de Los Angeles, Geoff Dean, a indiqué lors d'une conférence de presse que 12 personnes avaient été tuées pendant la fusillade, dont un policier parmi les premiers arrivés sur les lieux. Touché de plusieurs balles à son entrée dans le bar, il est mort quelques heures plus tard à l'hôpital.

Le tireur est également mort, a précisé le shérif Dean, soulignant qu'il se refusait à le comptabiliser parmi "les victimes".

Le shérif n'a pas pu préciser à ce stade si le tireur avait été abattu par les forces de l'ordre ou s'il avait retourné son arme contre lui.

"C'est une scène horrible. Il y a du sang partout", a-t-il confié.

Sur place, de nombreuses familles cherchaient à retrouver la trace de leurs proches qui se trouvaient à l'intérieur du bar, à l'instar de Jason Coffman, sans nouvelles de son fils Cody, 22 ans.

"La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit au revoir et se rendait au Borderline", a-t-il expliqué aux journalistes, des sanglots dans la voix.

Quelques minutes plus tard, Jason Coffman recevait un appel téléphonique et fondait en larmes.

- Homme vêtu de noir -

Le bilan comprenait en outre un nombre indéterminé de blessés, admis dans plusieurs hôpitaux de la région

Selon le Los Angeles Times, 18 personnes étaient soignées après s'être blessées en s'échappant du bar au beau milieu de la fusillade, mais il ne s'agit pas de blessures par balles dans leur cas.

Les motifs du tireur, dépourvu de papiers d'identité et vraisemblablement identifié grâce à ses empreintes et ses nombreux tatouages, restaient indéterminés mercredi matin.

Plusieurs témoins qui se trouvaient dans le Borderline Bar and Grill ont décrit un individu imposant, entièrement vêtu de noir, portant une "barbe" ou le visage masqué par un foulard noir selon les cas, et tenant une arme de poing de gros calibre.

"Nous ne savons pas s'il y a un lien terroriste ou pas. Rien ne me conduit, moi ou le FBI, à penser qu'il y a un lien terroriste", a expliqué le shérif Geoff Dean.

- Pistolet semi-automatique -

Holden Harrah, un jeune homme de 20 ans, se rend régulièrement dans cet établissement.

"J'ai vu le tireur, il était habillé en noir, avec des lunettes, camouflé. Il a sorti une arme et a commencé à tirer", a-t-il expliqué à l'AFP, détaillant avoir dû "ramper" pour sortir du bar et rejoindre sa voiture.

Le bar organisait tous les mercredis des soirées étudiantes, ouvertes aux jeunes de plus de 18 ans, alors qu'il faut le plus souvent avoir 21 ans - l'âge légal pour boire de l'alcool - pour entrer dans un bar aux Etats-Unis. Le shérif a estimé que les victimes avaient probablement entre 21 et 26 ans.

Matt Wennerstrom, un étudiant de 20 ans, fréquentait régulièrement l'établissement. Il a raconté aux journalistes que le tireur avait utilisé une arme semi-automatique. "Il tirait autant de balles qu'il pouvait, et quand il rechargeait, les gens essayaient de s'enfuir".

"Il a beaucoup tiré, au moins une trentaine de fois, j'entendais encore des coups de feu alors que tout le monde avait quitté le bar", a ajouté ce témoin cité par le LA Times.

La plupart des témoins cités par les médias américains, en majorité des étudiants des nombreuses universités de cette banlieue résidentielle de Los Angeles, décrivent des scènes de panique après les premiers coups de feu.

"Tout le monde s'est jeté au sol très rapidement. Tout le monde voulait sortir le plus vite possible", a déclaré à l'AFP une jeune femme, qui s'est elle-même enfuie avec une amie par l'arrière-cuisine.

Les Etats-Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades visant des lieux publics. La dernière en date avait fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh. Elles relancent à chaque fois le débat sur la possession et la dissémination des armes à feu dans le pays.