Entre les armes et les manuels scolaires, n'y aurait-il qu'une distinction d'ordre cosmétique ? Ceux-là ne seraient-ils pas les préludes à celles-ci ? Armer les jeunes esprits à coups de discours bellicistes ou nationalistes, exaltant les héros et les martyrs du passé, n'est pas une pratique neuve. Il suffit de songer aux manuels d'Ernest Lavisse, incarnant l'histoire positiviste et hégémonique dans la France de l'après-1870. Leurs relents patriotiques ont rempli l'esprit de nombreux jeunes cerveaux qui ne demandaient qu'à s'enflammer - la fleur au fusil ! - lors de la déflagration de l'été 1914. Dans quelle mesure l'école a-t-elle pu préparer les esprits à la guerre ? C'est une des questions qui se poseront à l'issue du conflit.
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