"On peut ne pas partager sa méthode (...). Mais il faut être honnête, Mussolini a fait des routes, des ponts, des bâtiments, des installations sportives, il a réaménagé tant de parties de notre Italie", avait dit mercredi M. Tajani sur une radio italienne.

"D'une manière générale, je ne considère pas son action au gouvernement comme positive, mais il y a des choses qui ont été faites", a insisté ce proche de Silvio Berlusconi, tout en évoquant aussi des "erreurs (...) très graves, inacceptables".

"De telles déclarations sont indignes du président du premier parlement transnational de l'histoire de l'humanité, précisément mis sur les rails pour que plus jamais en Europe nous ne revivions les régimes fascistes", a déclaré Philippe Lamberts. "Je demande au président du Parlement européen de retirer ses déclarations, sinon il doit se retirer lui-même", a-t-il poursuivi, sous les applaudissements nourris de nombreux députés, surtout à gauche de l'hémicycle.

La présidente du groupe des députés de la GUE (extrême gauche), l'Allemande Gabriele Zimmer, a aussi demandé "le retrait du président", jugeant ses propos "intolérables", tandis que le chef de groupe socialiste, Udo Bullman, avait dénoncé dès mercredi soir des propos "inacceptables".

Président du groupe des libéraux ALDE, Guy Verhofstadt a pour sa part appelé Antonio Tajani à "présenter des excuses". "Il faut que le président du Parlement respecte le fait qu'il ne doit pas entamer tout de suite sa campagne (électorale, ndlr) italienne, c'est cela le problème", a-t-il souligné.

L'Espagnol Esteban González Pons, du groupe PPE (droite), dont fait partie M. Tajani, a en revanche défendu l'Italien, assurant qu'il était "un démocrate (...) et partageait, comme il l'a dit publiquement, la condamnation du fascisme".

"Antonio Tajani a donné des explications sur les circonstances dans lesquelles ces mots ont été prononcés", a-t-il ajouté. "Nous pouvons tous commettre une erreur dans les médias", a-t-il estimé.

Sur Twitter, le président du Parlement européen a assuré, après que ses propos eurent déclenché une polémique en Italie, qu'ils avaient été "instrumentalisés" et qu'il était "depuis toujours un antifasciste convaincu". "Je ne permettrai à personne d'insinuer le contraire", a-t-il insisté.