C'est sur insistance du président du PPE Joseph Daul et du chef de groupe au Parlement européen Manfred Weber que le dirigeant hongrois a rédigé ce courrier.

L'expression "idiots utiles", y rappelle-t-il, est en fait "une citation de Lénine, par laquelle j'entendais critiquer une certaine politique, et non certains représentants politiques. Je voudrais à cet égard exprimer mes excuses, si vous avez considéré mon propos comme offensant à titre personnel", écrit Viktor Orban dans ce courrier.

"Dont acte", a commenté le président du cdH Maxime Prévot. La lettre est en tout cas insuffisante pour reconsidérer la demande d'exclusion portée par une douzaine de formations du PPE. "Ca ne change rien à notre conviction que le Fidesz n'a plus sa place au PPE", selon M. Prévot.

Le président du CD&V Wouter Beke a accepté les excuses de Viktor Orban mais refuse lui aussi de retirer la demande d'exclusion, comme le réclame M. Orban dans sa lettre. "Il s'agit moins ici de l'offense personnelle que du respect des valeurs européennes et d'une plus grande coopération pour surveiller les frontières extérieures de l'UE. Et là, je ne vois aucun changement", selon M. Beke.

Viktor Orban et le Fidesz ont multiplié les provocations ces derniers mois contre l'Union européenne, la dernière en date étant une campagne accusant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, membre du PPE comme lui, de "soutenir l'immigration" aux côtés du milliardaire George Soros.

Déjà dénoncé par un vote inédit du Parlement européen en septembre, le gouvernement autoritaire, eurosceptique et xénophobe du dirigeant hongrois ne correspond pas aux valeurs du PPE, une formation aux racines modérées, estiment les partisans d'une exclusion.

Mais M. Orban a fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'envisageait pas d'infléchir ses positions. Il a certes engagé des discussions avec MM. Weber et Juncker, mais considère que "la conclusion de ce débat sera peut-être que notre place finalement n'est pas dans le PPE mais en dehors".

Il a par ailleurs déjà évoqué un rapprochement avec le parti conservateur au pouvoir en Pologne, Droit et Justice (PiS). L'intention lui est aussi prêtée de vouloir former une alliance avec le dirigeant d'extrême droite italien Matteo Salvini et le parti d'extrême droite au pouvoir en Autriche FPÖ.

Dans son courrier adressé aux partis qui veulent l'exclure, Viktor Orban reconnaît une nouvelle fois qu'il n'a aucune intention de changer ses positions sur la migration, "la culture chrétienne" et l'avenir de l'Europe.

Le sort du Fidesz au sein du PPE sera tranché mercredi prochain lors d'une réunion du PPE à Bruxelles.