C'est un silence de petit matin, propre aux salles d'attente médicales, qu'un interphone capricieux rompt de temps à autre. Aux murs, quelques dessins. Sur les tables, des imagiers ou des livres d'éveil. Dans ce centre de psychopathologie des environs de Paris, à l'allure discrète, l'assistante d'accueil ronchonne. Elle " n'aime pas les mercredis ". Le jour des enfants, donc, quand l'école fait relâche. Ici défilent de jeunes traumatisés d'un nouveau genre, appelés pudiquement les " petits revenants ". Des gamins renvoyant malgré eux l'image de fantômes, de pestiférés, depuis leur passage dans la zone irako-syrienne, où l'un de leurs parents, au moins, combattait encore récemment sous le drapeau noir de Daech.
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