Plus de 40% des espèces d'insectes sont en déclin et un tiers d'entre elles sont menacées, révèle une analyse scientifique publiée dans la revue Biological Conservation. L'analyse a sélectionné les 73 meilleures études réalisées sur le sujet pour évaluer l'importance de ce déclin. Le taux d'extinction est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et autres reptiles. Selon les données disponibles, la masse totale d'insectes est en chute libre de 2,5% par an, ce qui suggère qu'ils pourraient disparaitre d'ici un siècle, précise The Guardian.
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Plus de 40% des espèces d'insectes sont en déclin et un tiers d'entre elles sont menacées, révèle une analyse scientifique publiée dans la revue Biological Conservation. L'analyse a sélectionné les 73 meilleures études réalisées sur le sujet pour évaluer l'importance de ce déclin. Le taux d'extinction est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et autres reptiles. Selon les données disponibles, la masse totale d'insectes est en chute libre de 2,5% par an, ce qui suggère qu'ils pourraient disparaitre d'ici un siècle, précise The Guardian. Cela fait partie de ce qu'on considère comme la "sixième grande extinction animale de masse". Et les insectes, pourtant essentiels à la biodiversité et au fonctionnement de tous les écosystèmes naturels, n'échappent pas à ce phénomène. "Si les pertes des espèces d'insectes ne peuvent être stoppées, cela aura des conséquences catastrophiques à la fois pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité", déclare Francisco Sánchez-Bayo (université de Sydney), qui a participé au rapport, au Guardian. Un des plus grands impacts sur la biodiversité se situe chez les animaux qui mangent les insectes (oiseaux, reptiles, poissons...), les menaçant de mourir de faim. Des "effets en cascade" qui ont déjà été observés à Porto Rico par exemple, où une étude récente quantifie la chute des insectes à 98%. La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux États-Unis, quelques-unes allant de l'Australie à la Chine et du Brésil à l'Afrique du Sud, mais très peu existent ailleurs. Si le phénomène est marquant dans certaines régions, l'étude précise qu'il s'agit bel et bien d'une crise mondiale. "Cela devrait tous nous préoccuper, car les insectes sont au coeur de chaque chaîne alimentaire, ils pollinisent la grande majorité des espèces végétales, gardent le sol sain, recyclent les éléments nutritifs... Qu'on les aime ou qu'on les déteste, nous, humains, ne pouvons pas survivre sans les insectes", explique le Pr. Dave Goulson (université du Sussex), cité par le Guardian. Selon l'analyse, l'agriculture intensive est le principal moteur des baisses, en particulier la forte utilisation de pesticides. L'urbanisation et le changement climatique consistent également des facteurs aggravants. Selon Sánchez-Bayo, la disparition des insectes semble avoir commencé à l'aube du 20esiècle, s'est accélérée dans les années 1950 et 1960 et a atteint des "proportions alarmantes" au cours des deux dernières décennies. Il pense que les nouvelles classes d'insecticides, comme les néonicotinoïdes et le fipronil, ont créé beaucoup de dégâts, car ils sont utilisés régulièrement et persistent dans l'environnement. "L'agriculture intensive à l'échelle industrielle est celle qui tue les écosystèmes", dit-il. "Si nous ne changeons pas nos méthodes de production alimentaire, les insectes dans leur ensemble s'engageront sur la voie de l'extinction dans quelques décennies. Les répercussions que cela aura sur les écosystèmes de la planète sont pour le moins catastrophiques", s'inquiètent les scientifiques.Les papillons de jour et de nuit sont parmi les plus touchés. Les abeilles sont également sévèrement affectées. Parmi les 350.000 espèces de coléoptères, on pense également que beaucoup ont décliné. Les scientifiques doivent également faire face à de grandes lacunes dans les connaissances, avec très peu d'informations sur de nombreuses mouches, fourmis, pucerons ou autres criquets. Pour les experts, il n'y a aucune raison de penser que ces espèces s'en sortent mieux que celles qui ont fait l'objet d'études. Un petit nombre d'espèces capables de s'adapter augmentent en nombre, mais ce n'est pas suffisant pour compenser les pertes. "Il y a toujours des "espèces qui profitent du vide laissé par l'extinction d'autres espèces", ajoute Sánchez-Bayo.