Cette lettre du ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine "a pour but d'attirer l'attention du Premier ministre sur certains points relatifs aux pensions qui sont des éléments de préoccupation pour l'avenir", a-t-il fait savoir.

A la fin du mois passé, le gouvernement avait accueilli positivement la conclusion de ce projet d'accord. Devant le parlement, le Premier s'en était réjoui, soulignant que pour la deuxième fois, les partenaires sociaux étaient parvenus à s'entendre sous cette législature, signe du bon fonctionnement de la concertation sociale. Sur les bancs des députés, la coalition est toutefois apparue divisée. L'Open Vld conteste en effet des retours en arrière dans les domaines des RCC (ex-prépensions) et des fins de carrière.

Quant au MR, présidé par M. Michel, il confirme ce qu'il a indiqué à la Chambre par la voix de son chef de groupe, David Clarinval: il soutient l'accord interprofessionnel.

L'AIP en est encore au stade de projet d'accord. Les syndicats consultent leur base et feront connaître leur position définitive à la fin du mois.

La FGTB évoque une sortie électoraliste

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine a torpillé le projet d'accord interprofessionnel conclu fin février par les partenaires sociaux. Une sortie qui ne surprend nullement le syndicat socialiste, qui y voit une énième preuve de l'absence de respect du ministre envers la concertation sociale. Ces critiques, alors que le MR soutient publiquement le projet d'accord, ne sont aux yeux du président de la FGTB Robert Vertenueil qu'une tirade électoraliste, visant à faire oublier "que le bilan de son ministère est égal à 0".

"Chaque fois qu'il y a un avis des partenaires sociaux, il s'empresse de ne pas le respecter", commente M. Vertenueil "que plus rien n'étonne de la part de M. Bacquelaine". "Les négociations sur le bien-être sont la résultante d'un accord" sur lequel le ministre n'a vraiment pas son mot à dire, rappelle le président du syndicat.

Sur le fond, M. Vertenueil défend également une des principales propositions torpillée par le ministre: celle d'une revalorisation plus importante de la pension minimum pour une carrière incomplète que complète. Pour la FGTB, cette mesure "ne fait que rectifier une injustice induite par le ministre".

Ceci dit, aux yeux du syndicat, la sortie de M. Bacquelaine n'engage que lui. "Je suppose et j'espère que Charles Michel a plus de poids", souligne M. Vertenueil.

La CSC n'a pas souhaité réagir. "Nous sommes en pleine période de consultations, qui prendra fin le 26 mars, c'est notre principale préoccupation", indique-t-on.

C'est également fin mars que la FGTB se prononcera définitivement en faveur ou pour un rejet du projet d'accord. Plusieurs instances se sont néanmoins déjà exprimées et la tendance est plutôt négative. Globalement, elles estiment entre autres que la marge salariale de 1,1% n'est pas suffisante.