Selon ce collectif, à quelques rares exceptions près, les partis sont quasiment muets sur la question. Lorsqu'ils l'abordent, c'est uniquement sous l'angle de la répression et de la "lutte contre les nuisances liées à la prostitution".

"Même dans les quartiers où le travail du sexe a trouvé sa place - près de la gare du Nord, près des hôtels de passe..., la plupart des programmes se caractérisent par un vide sidéral de propositions concrètes.

Politique de l'autruche

Une seule politique: celle de l'autruche", a affirmé UTSOPI, dans un communiqué s'attardant sur son analyse des programmes des partis. A Bruxelles-Ville, une seule des 701 propositions du programme le cdH-CD&V évoque la prostitution en une ligne: il faut "lutter contre la traite des êtres humains en lien avec les autres niveaux de pouvoir et les acteurs associatifs" .

Amalgame

"C'est un peu court et cela renforce l'amalgame très réducteur "travail du sexe = traite des êtres humains"", a dénoncé UTSOPI. Toujours à Bruxelles-Ville, le programme de la liste MR-Open VLD promet, au chapitre "Osons la sécurité", de "mettre fin aux nuisances liées à la prostitution".

Le programme socialiste du bourgmestre Philippe Close promet de "renforcer la lutte contre les nuisances liées à la prostitution" et de maintenir le "très répressif "règlement Alhambra" qui sanctionne les clients des TDS et organise la chasse aux putes dans le quartier. Grand abolitionniste, Philippe Close se dit prêt à collaborer à des "trajets de sortie de la prostitution", sans aucune précision, notamment budgétaire", a ajouté le collectif.

A Saint-Josse, les brochures de campagne du bourgmestre Emir Kir ne contiennent pas de chapitre "prostitution". Pour UTSOPI, les fermetures de 'carrées' continueront.

Le collectif a toutefois mis en exergue "quelques heureuses exceptions": Bernard Clerfayt (DéFI), "le seul bourgmestre à avoir organisé une concertation sérieuse avec les associations de terrain et les représentants des TDS"; le programme Défi à la Ville de Bruxelles-Ville, qui note qu' "une approche prohibitive d'interdiction pure et simple de la prostitution est tout sauf une solution-miracle" et remet en cause "la politique répressive de Philippe Close dans le quartier Alhambra"; "l'alternative positive à la politique catastrophique d'Emir Kir à Saint-Josse, proposée par la cheffe de file des Verts, Zoé Genot"; ou encore l'appel de la liste citoyenne Plan B (Ville de Bruxelles), à un climat de dialogue et de respect entre les TDS et les habitants.