"Il manque de grands leaders au MR"

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L'ex-ministre-président francophone Hervé Hasquin livre une analyse acide de la situation du MR. Interrogé dans "Le Soir" à propos de ses mémoires, il désavoue sans équivoque l'ancien président, Olivier Chastel, choisi parce qu'il était "faible" et jugé "transparent". Il regrette l'absence de grands leaders, comme l'ont été Jean Gol et Louis Michel.

Hasquin © Belga

Historien, homme politique, figure du libéralisme progressiste et laïc, l'ex-recteur de l'ULB reproche au MR d'avoir manqué au cours des années passées plusieurs virages, en particulier ceux du multiculturalisme, de l'immigration et de l'écologie. Il regrette le départ de certaines personnalités, comme Assita Kanko, partie à la N-VA, et François De Smet, philosophe et ex-directeur de Myria qui se présente sous les couleurs de DéFI à la Chambre.

"Ce qui est inquiétant, c'est que les gens brillants, on ne les cherche plus, et on a l'impression qu'ils n'ont plus leur place au MR", dit M. Hasquin.

L'homme ne voit pas d'un mauvais oeil le retour de Charles Michel à la présidence du MR, car il pourra de la sorte occuper l'actualité durant les mois qui précèdent les élections.

"Je ne souhaite pas un échec du MR aux élections", précise-t-il. "Mais un échec peut aussi être salutaire. C'est après un échec qu'on est obligé de remettre en ordre, de repenser les choses et de faire émerger des nouvelles têtes. Pour cela, il faut une doctrine cohérente, plus de multiculturalisme, s'occuper un peu plus de la sociologie des grandes villes, à Bruxelles comme en Wallonie - car à Charleroi, le score du MR, de Chastel, est catastrophique".

Et en cas d'échec, le responsable est tout trouvé, assure M. Hasquin: il s'agira de M. Chastel, victime déjà consentante, selon lui.