Chez nous, le spectre de la faillite est régulièrement brandi par des gestionnaires hospitaliers qui se plaignent d'être continuellement serrés comme des citrons. Les plus âgés du secteur se souviennent des faillites retentissantes de l'Institut Edith Cavell (1982), de l'Institut Arthur Gailly (1994) et de l'Hôpital français Reine Elisabeth (2009). Les résultats de la dernière étude Maha de Belfius ne poussent pas à l'optimisme. 40 % des hôpitaux généraux belges sont dans le rouge, dont la majorité au Sud du pays et à Bruxelles. Le résultat courant des hôpitaux s'est fortement détérioré en 2017, chutant de 70%. "Il n'y a eu que 0,2 % de bénéfice en moyenne en 2017. Nous plaidons pour une réforme, mais aussi pour des investissements ciblés continus dans le secteur", a déclaré la fédération Gibbis après l'annonce des faillites hospitalières outre-Moerdijk. Ces spectaculaires dépôts de bilan chez notre voisin peuvent servir chez nous d'électrochoc pour pousser les dirigeants et gestionnaires à rapidement assainir et réformer notre secteur hospitalier.

D'autant plus que le nouveau Code des sociétés et des associations, approuvé en commission de la Chambre ce 23 octobre, permettra bientôt, de prononcer la faillite des ASBL (donc des hôpitaux qui ont ce statut, NDLR), même si elles n'exercent aucune activité commerciale. Par ailleurs, ce code, qui doit encore entrer en vigueur, renforce la responsabilité personnelle des administrateurs hospitaliers. Une motivation supplémentaire pour faire avancer la réforme ?