Carl Devos politologue à l'UGent est d'avis que la ministre CD&V a bien fait une gaffe monumentale en remettant en cause la spontanéité des manifestations des jeunes pour le climat et en mentant sur des déclarations que lui aurait faites la Sûreté de l'État. "Ce qu'elle a fait n'est pas exagéré, mais c'est manifestement un mensonge. Cela rend sa position de ministre intenable", selon lui. "Je ne pense pas qu'une telle personne puisse rester en fonction", ajoute-t-il dans De Morgen.
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Carl Devos politologue à l'UGent est d'avis que la ministre CD&V a bien fait une gaffe monumentale en remettant en cause la spontanéité des manifestations des jeunes pour le climat et en mentant sur des déclarations que lui aurait faites la Sûreté de l'État. "Ce qu'elle a fait n'est pas exagéré, mais c'est manifestement un mensonge. Cela rend sa position de ministre intenable", selon lui. "Je ne pense pas qu'une telle personne puisse rester en fonction", ajoute-t-il dans De Morgen.En même temps, le politologue est d'avis qu'il est peu envisageable que la ministre disparaisse totalement de la scène politique. "Si vous voulez mon avis, je pense qu'il vaudrait mieux que Wouter Beke, après consultation mutuelle, la renvoie et transfère ses pouvoirs à Jo Vandeurzen ou Hilde Crevits. Mais je ne crois pas qu'il le fera." Le politologue fait référence aux élections qui auront lieu en mai prochain. Le CD&V entretient en effet des bonnes relations historiques avec le groupe de surveillance agricole, qui n'apprécierait que modérément un tel changement.Dave Sinardet, politologue à la VUB, ne voit pas non plus Schauvliege disparaître immédiatement des radars. Il est d'avis que les "mensonges factuels" de la ministre soulèvent de sérieuses questions quant à sa crédibilité. "Et cette crédibilité était déjà sous pression ". Il note qu'elle a déjà fait des déclarations très étranges sur les marches climatiques. D'abord, elle a récupéré ces marches, disant qu'elle se sentait renforcée et soutenue par les élèves qui brossent les cours pour marcher pour le climat. Puis elle les a culpabilisés. Dans le quotidien flamand, Dave Sinardet fait également référence à la lettre que le CD&V a récemment envoyée aux directions des établissements scolaires, dans le but de lutter contre l'absentéisme et d'expliquer leur propre politique climatique. "Ce parti est complètement dos au mur dans le débat sur le climat", estime le politologue bruxellois. Il peut juste espérer que l'on cesse de la poursuivre avec ses déclarations. "Car si Beke devait remplacer Schauvliege par quelqu'un d'autre, cela donnerait l'impression qu'il ne soutient pas ses membres. "Ce n'est probablement pas pour tout de suite. Ce mardi après-midi se tient la Commission Environnement au Parlement flamand. On aurait pu espérer que les déclarations de Schauvliege y soient abordées mais la ministre n'était finalement pas présente. Et puis, il y a les marches pour les climats rassemblant des milliers d'étudiants, qui se poursuivent ce jeudi. "On peut déjà imaginer les slogans", fait remarquer Devos.Il note qu'il n'est pas certain que la polémique coûtera son poste à Schauvliege ou des pertes de voix au CD&V. "Si les critiques s'y attaquent trop durement, un élan de compassion peut éventuellement surgir chez les électeurs. Finalement, elle s'est excusée."Carl Devos avance aussi qu'un mensonge ne signifie pas nécessairement la fin d'une carrière ministérielle. Il fait référence à l'ancien Secrétaire d'Etat à l'asile et à la migration Theo Francken (N-VA) et à son mensonge concernant le rapatriement des Soudanais l'année dernière. Francken lui-même a encouragé sa collègue sur Twitter ce matin en la félicitant des nouvelles règles concernant le premier rappel d'une facture d'eau. "Et pour le reste, ne t'en fais pas trop" (sic)", ajoute-t-il.Plus tôt dans la journée, Groen avait demandé la démission de la ministre flamande de l'Environnement. Mardi matin, Joke Schauvliege a admis ne pas avoir eu de contact avec la Sûreté de l'Etat et s'est excusée, déclarant qu'elle était allée trop loin."Nous avons eu une réunion très constructive: Joke Schauvliege s'est excusée et ça n'arrive pas souvent en politique. Nous allons maintenant continuer à discuter au sein du parti", a affirmé le président du CD&V, Wouter Beke, au terme d'une réunion du CD&V au parlement flamand ce mardi midi.