A ssise sur ce banc d'un parc du quartier populaire Emamzadeh-Hassan, dans les faubourgs sud de Téhéran, Sepideh scrute les offres d'emploi du quotidien Hamshahri, tout en couvant d'un oeil maternel les cavalcades de sa fille Hana, entre balançoire et toboggan. Cuisinière, vendeuse en pharmacie, couturière : la jeune et ronde trentenaire, abandonnée voilà peu par son mari, a enchaîné jusqu'alors les boulots précaires. Depuis six mois, plus rien, sinon quelques ménages çà et là. " Je viens de passer une vingtaine de coups de fil, confie-t-elle d'une voix lasse. Et pas un rendez-vous. Quand on ne me bombarde pas de questions sur mon physique, le poste est déjà pourvu ou le salaire trop bas. " Pour Sepideh, le calcul est vite fait. Il lui faut a minima 15 millions de rials par mois, soit moins de 300 euros au cours officiel. Les frais de scolarité de Hana en dévorent le tiers et la subsistance quotidienne autant. Le solde ? Sa contribution au loyer de la soeur qui l'héberge. " De plus en plus dur, soupire-t-elle. La levée annoncée des sanctions internationales (corollaire de l'accord sur le nucléaire iranien, ou JCPOA, signé à Vienne en juillet 2015 et renié par Washington le 8 mai) avait suscité beaucoup d'espoir. Terminé. Nos ambitions atomiques ne nous ont rien apporté. Autant négocier un nouveau compromis avec l'Occident. "
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