Et si la Sambre avait changé le destin de Jean-Luc Mélenchon ? Pas parce que c'est, dit-on, sur ses rives, à Presles, que les derniers Républicains de Rome anéantirent les Nerviens de Boduognat, allégorie de l'obtus barbare, non. Pourtant Mélenchon le stoïcien les aime, ces probes Romains de la République : il se décrit souvent en Cincinnatus, chef de guerre à la retraite, qui n'en sortit que quelques semaines, le temps de sauver Rome de la haine des Eques avant de retourner à ses champs. Pas non plus parce que c'est là aussi, à Fleurus, en juin 1794, que les armées d'une autre République, la sienne, celle surgie de sa Grande Révolution, y rossèrent définitivement une soldatesque alliée, germanique, hollandaise et britannique, pour assurer la pérennité du nouveau régime français, non. Pourtant Mélenchon le jacobin les adore, ces vertueux sans-culottes de la Révolution : jamais il n'est si lyrique qu'à l'évocation de Robespierre, l'Incorruptible.
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