L'état d'alerte demeure élevé et le spectre d'une quatrième guerre depuis 2008 reste présent, bien que l'ONU et l'Egypte oeuvrent discrètement à un cessez-le-feu durable entre Israël et le grand ennemi du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige Gaza sans partage.

Après des mois de tensions grandissantes, l'enclave palestinienne et ses pourtours israéliens ont connu entre mercredi et jeudi soir l'une de leurs plus graves confrontations depuis la guerre de 2014.

Plus de 180 roquettes et obus de mortier ont été tirés de Gaza vers Israël, faisant plusieurs blessés et précipitant les Israéliens vers les abris.

L'aviation israélienne a riposté en frappant plus de 150 sites militaires du Hamas dans le territoire coincé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée où deux millions de personnes sous blocus se débattent avec la pauvreté et les pénuries.

Trois Palestiniens, dont une femme enceinte de 23 ans et sa fille de 18 mois, ont été tués dans ces raids israéliens.

Israël et le Hamas ont accepté jeudi soir un cessez-le-feu lors de discussions indirectes par l'entremise du voisin égyptien et des Nations unies, a indiqué une source proche des négociations. Le cessez-le-feu devait entrer en vigueur peu avant minuit (21H00 GMT), a-t-elle précisé.

Aucune confirmation officielle n'a été obtenue d'Israël ou du Hamas. Mais la nuit et la matinée ont été calmes à Gaza et dans sa périphérie israélienne.

Dans ce contexte, la tournure des manifestations palestiniennes du vendredi près de la frontière est considérée comme un test. Elles donnent généralement lieu à des heurts à distance, plus ou moins meurtriers, entre Palestiniens et soldats israéliens postés sur l'infranchissable barrière de sécurité israélienne.

Lancé le 30 mars, le mouvement vise à protester par des manifestations régulières contre le blocus israélien et en faveur du droit au retour des Palestiniens chassés ou qui ont fui leur terre à la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Au moins 165 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date. Un soldat israélien a été tué le 20 juillet pour la première fois depuis 2014.

Un porte-parole du Hamas, Hassem Qassem, a assuré que ces protestations continueraient, "malgré les agressions" israéliennes et jusqu'à la levée du blocus.

- Exigences et contraintes -

Les tensions de jeudi constituent la troisième épreuve de force significative depuis juillet.

Le cabinet de sécurité israélien réuni jeudi autour du Premier ministre Benjamin Netanyahu a "ordonné à l'armée de continuer à agir avec force" contre les groupes armés palestiniens. Un communiqué qui ressemble davantage à un avertissement, comme la spectaculaire destruction par l'armée israélienne d'un immeuble de cinq étages jeudi après-midi dans le centre de la ville de Gaza.

Celui-ci abritait les activités militaires des forces de sécurité intérieures du Hamas, assure l'armée israélienne. Un "mensonge" servant à couvrir une frappe contre un centre culturel et les locaux de la communauté égyptienne, a assuré un porte-parole du Hamas à l'AFP.

En pulvérisant le bâtiment en plein tissu urbain, Israël ripostait à la chute, pour la première fois depuis 2014 selon les médias, d'une roquette en Israël à une quarantaine de kilomètres de Gaza, et non plus seulement à proximité de l'enclave palestinienne. Il signifiait aussi au Hamas à quoi il s'exposait.

Dix-huit personnes ont été blessées selon les secours gazaouis.

Le quotidien israélien Maariv a toutefois rapporté qu'au cours de la réunion du cabinet de sécurité, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman avait été le seul à réclamer une opération d'ampleur à Gaza, contre l'avis du Premier ministre et de l'armée.

L'issue des efforts en cours de l'ONU et de l'Egypte en vue d'une trêve durable reste néanmoins incertaine, compte tenu des exigences des deux camps et de leurs contraintes respectives.

Selon un sondage publié vendredi par Maariv, 64% des Israéliens ne sont pas satisfaits de la performance de M. Netanyahu vis-à-vis du Hamas, contre 29% qui le sont; 48% des personnes interrogées sont favorables à une opération militaire d'envergure à Gaza, 41% y sont hostiles.