"Outre les défis politiques traditionnels, tels que la montée de la Chine ou l'attitude agressive de la Russie, nous sommes aujourd'hui témoins d'un nouveau phénomène: l'attitude capricieuse de l'administration américaine", a déploré M. Tusk, faisant référence aux récentes décisions du locataire de la Maison Blanche sur le nucléaire iranien et le commerce international.

"Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu'avec de tels amis, on n'a pas besoin d'ennemis", a poursuivi l'ancien Premier ministre polonais.

D'après lui, l'Europe peut toutefois être reconnaissante envers le président américain. "Grâce à lui, nous nous sommes débarrassés de toutes nos illusions. Nous avons pris conscience que si nous avons besoin d'un coup de main, il ne faudra compter que sur nous-mêmes", a-t-il insisté.

Les relations transatlantiques devraient occuper l'essentiel du dîner informel des dirigeants de l'UE, qui précède le sommet européen proprement dit, consacré jeudi aux relations de l'UE avec les pays des Balkans occidentaux (Serbie, Albanie, Kosovo, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et Macédoine).

Si aucune décision concrète n'est prévue mercredi soir, les 28 devraient surtout chercher à afficher une unité sans faille face aux défis américains, notamment celui du retrait de l'accord sur le nucléaire iranien et des sanctions frappant leurs entreprises opérant dans ce pays.

Dans l'après-midi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a reconnu que les moyens dont disposaient les Européens pour protéger leurs entreprises d'éventuelles sanctions américaines étaient "limités", tout en précisant qu'ils entendaient les utiliser "en intégralité".

"Je comprends Tusk, les USA agissent parfois contre les intérêts européens"

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré comprendre les mots durs prononcés mercredi par le président du Conseil Européen, Donald Tusk, à l'encontre du président américain, Donald Trump. "Au cours des derniers mois, les Etats-Unis ont pris plusieurs décisions unilatérales allant à l'encontre des intérêts européens. L'UE doit prendre son avenir en main", a commenté M. Michel, en prélude à un dîner informel avec ses homologues européens à Sofia, en Bulgarie.

Plus tôt dans la journée, Donald Tusk avait fustigé "l'attitude capricieuse" de l'administration américaine. "Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu'avec de tels amis, on n'a pas besoin d'ennemis", avait-il encore lancé. Des propos que Charles Michel comprend, a-t-il expliqué. Les décisions unilatérales du locataire de la Maison Blanche sur le nucléaire iranien ou le commerce international sont des exemples de cas où les Etats-Unis ont agi contre les intérêts européens, selon M. Michel. "Je regrette ces décisions, mais nous devons maintenir un dialogue intense avec les Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a affirmé rechercher des "accords win-win" et critiqué ceux où le président Trump agit explicitement au détriment de ses partenaires ou adversaires. M. Michel a par ailleurs plaidé pour que l'Union européenne prenne son avenir en main au lieu de laisser les Etats-Unis prendre les décisions.