"Je ne sais pas si le Brésil va vouloir se salir, en sachant que le gouvernement et les médias ont créé ce monstre en Italie", a-t-il déclaré à propos de lui-même dans un entretien au quotidien Estado de Sao Paulo publié jeudi. "On va me livrer à la mort", a-t-il ajouté.

L'ancien militant de 62 ans, qui a vécu près de 15 ans en France avant de rejoindre le Brésil en 2004 face à la menace d'une extradition, nie les crimes qu'on lui attribue: "je n'ai tué personne". Il assure qu'il ne voulait pas fuir le Brésil lorsqu'il a été arrêté à la frontière bolivienne.

"Si je voulais quitter le pays, je n'irais pas en Bolivie. J'ai plus de relations en Uruguay. Je serais allé en Uruguay. C'est un pays un peu plus fiable", a-t-il déclaré.

Cette opération de police aurait été planifiée, selon lui. "On m'attendait. Cela fait longtemps que cette opération est planifiée avec l'ambassade d'Italie. C'est évident", a estimé Battisti, interviewé dans l'appartement d'un ami à Cananeia, dans l'Etat de Sao Paulo, décoré avec des affiches de Karl Marx et de Guernica, le célèbre tableau de Pablo Picasso.

Condamné en 1993 par contumace par la justice italienne à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970, Battisti avait été placé en détention provisoire la semaine dernière après un contrôle policier de routine alors qu'il s'apprêtait à quitter le Brésil à bord d'un taxi bolivien.

Il transportait 6.000 dollars et 1.300 euros, une somme supérieure au montant autorisé sans déclaration préalable (2.700 euros).

Le juge brésilien qui a ordonné sa détention le soupçonne d'avoir tenté de fuir le pays pour éviter son extradition, ce que l'Italien nie. Il dit avoir eu l'intention de faire des achats.

Un autre juge a ordonné vendredi sa remise en liberté.

Rome a multiplié ces dernières années les demandes d'extradition à son encontre, la dernière remontant au 25 septembre.

La Cour suprême du Brésil avait en 2009 autorisé l'extradition de l'Italien, un des symboles des "années de plomb" en Italie, mais l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva s'y était opposé.

L'actuel gouvernement brésilien a dit vendredi étudier cette possibilité.