Cela aura en outre un impact sur sur la qualité élevée et la couverture existante des services mobiles et le nombre d'antennes nécessaire sera considérablement plus élevé, ce qui augmentera le rayonnement, met-elle en garde.

Il faut des conditions de concurrence équitables aussi bien pour les acteurs existants que pour d'éventuels nouveaux entrants, estime Proximus. En vue de la mise aux enchères des fréquences mobiles de l'an prochain, l'opérateur ne veut dès lors pas "d'enchère préliminaire séparée, et ceci uniquement pour le nouvel acteur". Un éventuel effet de distorsion du marché "entraînerait un ralentissement des investissements en infrastructure et en innovation et aurait inévitablement un impact sur l'emploi, chez Proximus et chez ses partenaires externes", prévient l'entreprise.

La réallocation du spectre entre quatre opérateurs au lieu de trois aura par ailleurs un impact sur la qualité élevée et la couverture existante des services mobiles. Le rayonnement sera également augmenté, ajoute l'opérateur. "Une telle intervention risque d'aller à l'encontre de l'ambition du gouvernement de poursuivre le développement de l'économie digitale en Belgique, avec un impact visible sur les entreprises et les consommateurs", conclut Proximus. Pour justifier sa volonté de voir arriver un quatrième opérateur mobile, le ministre des Télécommunications a notamment évoqué une consommation de données mobiles moins élevée en Belgique que dans les pays voisins.

Ce phénomène est dû à la disponibilité du WiFi partout en Belgique, rétorque l'entreprise semi-publique, qui appelle "une fois de plus" au développement de conditions de concurrence équitables et d'un climat favorable à l'investissement. Au cabinet de M. De Croo, on assure ne pas être impressionné. "C'est un argument bien connu des opérateurs de réseaux, qui voient arriver un éventuel nouveau joueur sur le marché et qui veulent éviter cela à tout prix", y réagit-on. "En outre, l'expérience en France, par exemple, a montré que l'arrivée d'un quatrième acteur n'a pas conduit à une rupture de tendance dans l'évolution de l'emploi."

"Un premier pas important "

Appeler, envoyer des SMS et surfer sur internet en Belgique coûte bien plus cher que dans les pays voisins, souligne Test-Achats. "Un utilisateur intensif (nombreux appels/SMS et au moins 1GB de données mobiles) paye en Belgique en moyenne le double que ce même utilisateur aux Pays-Bas ou en Allemagne. En France, il ne paierait que le tiers de ce qu'un Belge doit débourser chaque mois", illustre l'organisation de consommateurs. Selon elle, les prix demeurent au même niveau, "élevé", en Belgique. Cela car la concurrence a désormais lieu sur le marché des packs, constate-t-elle.

Avec les nombreux services qui les accompagnent, les clients changent en effet moins facilement d'opérateur. Le marché du 4play (internet, TV et téléphonies fixe et mobile) représente aujourd'hui 29% de parts de marché, d'après les dernières statistiques de l'IBPT. La proposition du ministre ne peut dès lors atteindre son objectif que si ce quatrième opérateur mobile peut également proposer des packs à des tarifs concurrentiels, prévient Test-Achats. "Tant que les conditions d'accès aux réseaux fixes ne seront pas attractives, aucun opérateur alternatif ne souhaitera tenter de concurrencer les opérateurs actuellement présents sur le marché", analyse l'organisation de consommateurs.

Une conclusion de "manque de concurrence" partagée il y a quelques semaines par les quatre régulateurs sur le marché haut débit et radiodiffusion, rappelle-t-elle.

Dans une réaction, le ministre De Croo assure comprendre l'inquiétude de Test-Achats. Un processus est en cours pour assouplir les règles d'accès aux réseaux câblés et de fibre optique pour les acteurs alternatifs, précise son cabinet. La Commission européenne a donné son feu vert à de telles mesures et l'Institut belge des postes et télécommunications (IBPT), le régulateur du secteur, va publier une analyse sur le sujet d'ici la fin du mois, ajoute-t-on. Les nouveaux opérateurs bénéficieront d'un accès à un tarif équitable à tous les réseaux fixes, alors que, selon le ministre De Croo, les acteurs existants auront toujours assez d'impulsions pour investir dans ces réseaux.