Les archives africaines entreposées au Palais d'Egmont sous la responsabilité des Affaires étrangères sont en cours de transfert vers les Archives générales du royaume. La Sûreté de l'Etat a déjà entrepris de reprendre tout ce qui relevait de la Sûreté coloniale, service de renseignement des colonies belges.

C'est maintenant au tour du Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS), soit les renseignements militaires, de se manifester. Le 26 septembre, le SGRS a averti les Affaires étrangères qu'il voulait reprendre les archives de la Force publique, corps à la fois policier et militaire des colonies belges, car elles contiennent des documents classifiés. Les Affaires étrangères ont demandé des explications qui lui ont été transmises au mois de janvier.

Ce sont pas moins de 10 kilomètres d'archives qui seront transférées dans les trois ans à venir. Une première phase a débuté, portant sur un kilomètre relatif au personnel de la colonie depuis l'Etat indépendant du Congo (EIC).

Les initiatives des services de renseignement n'enchantent pas les Archives du royaume. "C'est un rapport de forces que certains services de l'Etat essaient d'établir à l'égard des Archives alors qu'il s'agit de documents d'une époque éloignée de la nôtre et qui ne contiennent plus aucun secret d'Etat", a regretté le directeur opérationnel des Archives pour Bruxelles, Pierre-Alain Tallier interrogé par Belga.

En surface, les archives de la Force publique ne couvrent d'ailleurs qu'une cinquantaine de mètres.

"Il y a un protocole d'accord clair: ces 10 kilomètres d'archives doivent être transférés dans le lieu approprié de toutes les archives de l'Etat, à savoir les Archives générales du royaume", a lancé M. Hellings à l'adresse du ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), en insistant sur l'importance du travail à accomplir sur le passé colonial.

"Il est parfaitement légitime dans un État démocratique qu'après un délai de 50 ans, alors que la plupart des acteurs des faits sont décédés, que notre démocratie puisse faire face à son passé colonial et que nos chercheurs puissent faire la lumière sur ce passé. Pour ce faire, ils doivent avoir accès aux sources primaires que vos services leur cachent".