Des incidents tournant à l'émeute avaient été provoqués par des casseurs qui s'étaient mêlés aux supporters du Maroc venus fêter la qualification de l'équipe nationale pour la prochaine phase finale de la Coupe du monde football qui aura lieu en Russie en juin prochain.

Selon le cabinet du bourgmestre, l'objectif de cette réunion était de faire le point pour assurer le bon déroulement des procédures et d'analyser les points à améliorer.

Philippe Close et Michel Goovaerts ont souligné que la priorité du moment portait sur l'arrestation des fauteurs de trouble.

Par ailleurs, le bourgmestre et le chef de corps ont fait part de leur pensée pour les policiers blessés lors de l'intervention.

Vingt-deux agents avaient été blessés. Selon le cabinet du bourgmestre, l'ensemble de ceux qui ont été hospitalisés ont pu rentrer chez eux.

Le SLFP dénonce une mauvaise préparation et une communication défaillante

Le syndicat policier SLFP a dénoncé mardi, une mauvaise préparation et une communication défaillante, après les émeutes survenues dans le centre-ville de Bruxelles samedi soir, dans la foulée de la qualification du Maroc à la Coupe du monde 2018.

"Il ressort de cette réunion que le bourgmestre confirme avoir informé le chef de corps de l'importance à ses yeux de ce match de qualification et que le chef de corps a cru comprendre qu'il parlait des possibles coups de klaxon et autres signes de joie dans les rues. Le chef de corps n'a dès lors n'a pas jugé bon de lancer une recherche d'informations, d'autant qu'il estime qu'il revenait à la direction de l'information de la police fédérale de lui fournir toute information utile. On peut donc conclure du point de vue livré, que la police fédérale a une responsabilité", a jugé le syndicat, dans un communiqué.

Le SLFP rappelle également qu'un comité de prévention et de protection au travail (CPPT, ou CCB dans le secteur policier) doit être réuni. "Dans le secteur policier, lorsque deux employeurs sont concernés par un même accident grave au travail, c'est le comité supérieur de concertation (CSC) qui est compétent", indique le syndicat. La demande a été faite dès dimanche au ministre de l'Intérieur Jan Jambon, la réunion devrait se tenir le 20 novembre. De son côté, le porte-parole de la zone de police, Olivier Slosse, indique que le rapport de l'inspection générale est attendu vendredi.

Interpellation d'un suspect qui aurait incité aux émeutes sur Facebook

Dans le cadre de l'enquête concernant les émeutes survenues samedi soir dans le centre de Bruxelles, la police a interpellé un individu de 32 ans qui aurait incité à l'émeute sur Facebook. Il s'agit d'un rappeur dont le nom d'artiste est Benlabel, indique le parquet de Bruxelles, confirmant ainsi une information parue sur le site de la Dernière Heure. Dès vendredi, le suspect aurait posté un messages sur Facebook incitant "à tout cramer à Lemonnier après le match Côte-d'Ivoire / Maroc", ce qui laisse à penser que les émeutes étaient planifiées.

Le suspect a été privé de sa liberté, mis à la disposition des autorités judiciaires et entendu. Après son audition, le procureur du roi a décidé de lui remettre une citation à comparaître à l'audience correctionnelle du 5 janvier 2018. L'homme, soupçonné en tant qu'auteur ou co-auteur de menaces écrites et d'utilisation de moyens de communication électronique pour commettre des dommages, nie les faits qui lui sont reprochés. L'enquête visant à identifier les auteurs d'infractions commises samedi dernier, est toujours en cours.

Ghyssels invite les élus néerlandophones à "ne pas casser du bruxellois"

Si on est élu bruxellois, on ne doit pas casser du bruxellois en suivant la N-VA, a affirmé mardi le député-bourgmestre socialiste de Forest Marc-Jean Ghyssels, dans la foulée de prises de position d'élus néerlandophones de la Région-capitale après les incidents violents survenus samedi au centre de Bruxelles. L'élu socialiste a ainsi déploré que certains mandataires bruxellois néerlandophones adoptent, en matière de sécurité, une position de suivisme par rapport à la N-VA et à leurs états-majors de partis, favorables à une fusion des zones de police bruxelloises.

Selon lui, ce plaidoyer, une nouvelle fois relayé, notamment par la députée bruxelloise du CD&V Brigitte Grouwels ne tient toutefois pas la route si l'on s'en réfère au modèle policier parisien fondé sur la dépendance à une préfecture unique. D'après Marc-Jean Ghyssels, ce modèle est la source de bien plus de débordements qu'à Bruxelles. "Mais à Paris, c'est tous pour et derrière la capitale, tandis qu'en Belgique, c'est un peu la Flandre contre Bruxelles, la capitale", a-t-il ajouté, soulignant que le fédéral marqué de la griffe N-VA mobilise 800 policiers pour un match entre le FC Bruges et l'Antwerp, mais jamais plus du quart pour un match à Anderlecht, ou que l'on entend bien moins le ministre de l'Intérieur Jan Jambon après des incidents à Anvers.

"On ne l'entend pas non plus lorsqu'il s'agit de faire intervenir les clubs de football dans le financement de la sécurité des matches", a-t-il dit au passage. Marc-Jean Ghyssels a par ailleurs déploré les conséquences en charge de travail pour les zones de police bruxelloises, du retrait des militaires des environs des synagogues, ainsi que des arrêtés de réquisition de policiers pour compenser l'insuffisance du corps de sécurité de la Justice, autant de décisions prises par des ministres N-VA (Intérieur et Défense) et CD&V (Justice). Le député-bourgmestre de Forest a enfin souhaité que le ministre de la Justice fasse usage de son droit d'injonction positive pour que le parquet, qui dépend du fédéral, poursuive les fauteurs de troubles. "Rien n'est plus faux que de dire qu'il y des pressions au niveau local, dont ce n'est pas du ressort, pour ne pas sanctionner ceux-ci", a-t-il conclu.