Un an après le lancement du Plan Canal censé lutter contre le radicalisme dans les communes de Bruxelles, Saint-Gilles, Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Koekelberg, Vilvorde et Schaerbeek, le ministère de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) publie un premier rapport.

Les policiers ont établi une liste de 72 personnes soupçonnées de terrorisme, dont 26 jihadistes qui résident en Syrie ou en Irak. Sur les 46 suspects installés en Belgique, 20 sont en prison et 26 sont suivis de près. Comme le fait remarquer De Morgen, seuls cinq d'entre eux sont accompagnés par un fonctionnaire chargé de déradicalisation. Selon la police, les autres ont refusé cet accompagnement.

Le Plan du Canal a aussi pour mission d'auditer les 1617 asbl de Molenbeek. Le rapport de police révèle que 102 d'entre elles sont soupçonnées de faits criminels et que 51 présentent des liens avec le radicalisme et le terrorisme. Généralement, elles comptent un administrateur, membre ou bénévole cité dans un dossier lié au terrorisme. 93 asbl ont été supprimées parce qu'elles sont inactives, et 344 devraient subir le même sort.

L'approche de la police ne fait pas que des heureux. Plusieurs asbl ont porté plainte pour "intimidation" et se plaignent de la "brutalité des interventions policières". Interrogé par De Morgen, le porte-parole du ministre de l'Intérieur Jan Jambon admet que l'approche est sévère. "Nous souhaitons nous en prendre aux foyers de l'extrémisme. Mais ce projet doit s'accompagner d'efforts pour conquérir les coeurs des jeunes." (CB)