Une famille de ressortissants tchétchènes devait être emmenée à l'aéroport, mercredi matin sur ordre de l'Office des étrangers, afin de rallier la Pologne où une première demande d'asile avait été introduite, conformément aux accords de Dublin.

Lorsque la vingtaine de policiers fédéraux sont arrivés dans le centre jodoignois, l'une des huit enfants du couple manquait à l'appel, ayant été invitée à loger chez une amie. Le père de famille a émis le souhait d'attendre le retour de sa fille avant de quitter les lieux. Les fédéraux ne l'ont cependant pas entendu de la sorte, menottant l'homme aux bras et aux jambes, lui passant un casque sur la tête et l'emmenant manu militari avec le reste de la famille.

Cette intervention sans ménagement a suscité l'indignation de l'ensemble des personnes présentes. "Nos policiers qui étaient là pour guider leurs collègues fédéraux ont aussitôt quitté les lieux en signe de protestation", explique le commissaire divisionnaire Jacques Vandenbosh, précisant que ce genre d'intervention se produit habituellement sans encombre. "On attend toujours que la famille soit au complet. Ces personnes ne sont pas des criminels, leur seul délit est de chercher une vie meilleure ailleurs que chez elles. Nous vivons dans une démocratie, je privilégie le dialogue et le respect de la dignité humaine", ajoute le chef de corps de la zone de police de l'est brabançon.

Les faits perpétrés mercredi matin feront l'objet d'une note qui sera transmise au parquet. Le bourgmestre jodoignois Jean-Luc Meurice se dit également interpellé par l'attitude des fédéraux. "Vingt-deux policiers pour une famille très correcte, puis des menottes, une sangle et un casque imposés au père devant ses enfants, c'est vraiment choquant", estime-t-il.

Les faits sont aussi dénoncés chez Fedasil. "Le personnel présent lors des événements a été fort touché par la manière dont la police est intervenue", commente le porte-parole Benoît Mansy. Il précise également que les interventions de la police dans les centres Fedasil ne posent généralement pas de problème. "Cela se fait généralement en bonne collaboration avec la police", ajoute-t-il.

La famille victime de cette bavure policière a finalement été conduite, au complet, dans un autre centre ouvert de Fedasil.